génétique Génétique

Si dans une famille, une personne est porteuse du gène BRCA1 ou BRCA2 : le risque de transmission du gène existe. Pour une femme ayant hérité d’un de ces gènes mutés le risque de développer un cancer du sein avant 70 ans est beaucoup plus élevé que dans la population générale. Il est donc recommandé à titre de prévention d'identifier les risques génétiques d'une personne en fonction de ses antécédents familiaux au cours d’une consultation d’oncogénétique afin d'étudier si besoin son patrimoine génétique. En cas d’antécédents familiaux, cette consultation permet de rassurer les personnes qui n’auraient pas hérité du gène de prédisposition et de proposer un suivi médical pour celles qui seraient porteuses du gène.

Prédisposition héréditaire au Cancer du Sein

En moins de 10 ans, des gènes majeurs prédisposant à des cancers fréquents (cancers du côlon, de l'endomètre, de l'ovaire, du sein et mélanomes) ont été identifiés tournant ainsi l'une des premières pages de la recherche sur les prédispositions aux tumeurs.

Ces outils permettent d’identifier des personnes à très haut risque de développer un cancer.
Il convient d’essayer d’opposer à ce risque des stratégies adaptées de prise en charge. Aussi, des consultations d’oncogénétique (génétique appliquée à la cancérologie) se sont développées dans les pays occidentaux. L’objectif des consultations d’oncogénétique est de répondre aux patients qui, compte tenu de leur histoire familiale, s’interrogent sur le risque qu’ils ont de développer à leur tour un cancer et de les informer des modalités de prévention et de dépistages adaptés.

Le génome (ensemble des gènes d’un individu) transmis par nos parents est stocké dans le noyau de chacune de nos cellules sur les chromosomes. Ce patrimoine génétique contient les gènes nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme.
Certains de nos gènes, qui à l’état normal interviennent dans la croissance et la multiplication des cellules (gènes normaux), peuvent être abîmés ou modifiés (ce sont des gènes «mutés») et de ce fait provoquer la transformation des cellules normales en cellules cancéreuses et favoriser l’apparition d’un cancer.
Une seule mutation n’est pas suffisante, le cancer est la conséquence d’une accumulation d’altérations des gènes.
L’immense majorité de ces mutations intervenant dans la transformation d’une cellule normale en cellule cancéreuse sont des mutations acquises au cours de la vie et non héritées à la naissance. Le cancer peut donc être considéré comme une «maladie des gènes» mais n’est pas pour autant une maladie héréditaire.
Par contre, il arrive pour certains cancers (notamment les cancers du sein, de l’ovaire ou du côlon) que ce(s) gène(s) défectueux soient transmis à la descendance. Ces mutations peuvent être transmises aussi bien par le père que par la mère. On parle alors de «gènes de prédisposition» au cancer: la présence de ces gènes n’implique pas obligatoirement l’apparition d’un cancer mais augmente de façon importante le risque de développer un cancer. Les facteurs génétiques interviennent dans seulement 5% des cancers du sein. Les chercheurs ont identifié deux gènes de prédisposition impliqués dans le développement du cancer du sein et de l’ovaire : les gènes BRCA1 et BRCA2 (pour BReast CAncer 1 et 2 en anglais).

La recherche d’une prédisposition génétique au sein d’une famille est un processus long et complexe. A l’heure actuelle un bilan n’est réalisé que s’il existe une probabilité élevée de risque héréditaire. Les analyses moléculaires des gènes impliqués sont réalisées chez ces personnes dans un cadre diagnostique défini. Il s’agit de celui donné par les lois dites de bioéthique du 29 juillet 1994 (94-653, 94-654) - complété par la loi du 4 février 1995 (95-116) puis le décret du 23 juin 2000 (2000-570) - pour la pratique des examens des caractéristiques génétiques des personnes à des fins médicales ; règles d’information, de confidentialité et de consentement des personnes se soumettant à ces tests.
La consultation d’oncogénétique s’adresse aux femmes qui présentent des antécédents familiaux de cancer du sein et/ou de l’ovaire que ce soit dans la branche maternelle ou paternelle. Sont concernées les familles où il existe :

  • au moins 3 cas de cancer du sein chez des apparentés au premier et deuxième degré dans une même branche parentale

ou

  • deux cas de cancer du sein /ou ovaire chez des apparentés au premier et deuxième degré si un des critères suivants est présent :
    - un âge de survenue précoce (<40 ans pour les cancers du sein, <50 ans pour les cancers de l’ovaire),
    - une atteinte bilatérale (les deux seins)
    - des cancers multiples chez une même personne (sein et ovaire).

Les patients à risque sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire médicale et psychologique en partenariat avec les médecins référents habituels.

La consultation d'oncogénétique se déroule en plusieurs étapes.

Lors du premier rendez-vous avec l'oncogénéticien, l’histoire familiale est reconstituée.
Pendant cette consultation, seront recueillies les données concernant le patient et tous les apparentés au moins jusqu’au 2ème degré génétique (pour un consultant: 1er degré=enfants, parents, frères et soeurs, 2ème degré=petits-enfants, grand-parents, oncles et tantes), le type de tumeur dont certaines personnes sont affectées avec l’âge de début de cette pathologie.
L’arbre généalogique de la famille pourra ainsi être réalisé. Sur cet arbre, les facteurs de risque individuels du consultant sont notés. Une vérification des données médicales concernant les cas de cancers est entreprise avec l’accord des personnes concernées ou de leurs ayant droits.

Au terme de ce travail, l'existence d'une éventuelle prédisposition familiale peut être précisée et le médecin évalue le «risque génétique» et décide ou non de prescrire un test génétique pour une recherche de mutation.

Le test génétique sera effectué sur les cellules sanguines dans un laboratoire spécialisé après une simple prise de sang. Le matériel génétique ADN est découpé en petits morceaux puis comparé avec un ADN témoin. Le technicien va alors rechercher, sur la base de nombreux prélèvements, des gènes défectueux ou des mutations. Les délais d’attente restent encore longs pour une première évaluation mais les structures se mettent en place progressivement pour répondre à la forte demande.

Dans le respect du secret médical et lors d'une consultation personnalisée, les résultats seront strictement remis à la personne qui aura fait le test. Seule la personne soumise au test peut informer sa famille des résultats.

Si une mutation est identifiée, il sera alors possible de proposer une étude génétique chez les apparentés afin de savoir s’ils sont porteurs ou non de l’anomalie détectée dans la famille.
Avec le résultat du test génétique, le médecin pourra soit rassurer quand la mutation est absente, soit proposer une prise en charge spécifique. A chacune des consultations, l'oncogénéticien détaille les avantages et les inconvénients de la reconnaissance d'une mutation. Lourde de conséquences, la révélation d'une prédisposition à développer un cancer doit s'accompagner d'un soutien psychologique. Une surveillance rapprochée, examen clinique et mammographie dans le cas du cancer du sein et dépistage du cancer de l’ovaire doit être dans le même temps proposée.

Lorsque le résultat du test génétique est positif, l’ablation des deux seins à titre préventif (avec reconstruction mammaire immédiate) et ablation des ovaires est envisageable au cas par cas. Les données scientifiques les plus récentes sur des personnes possédant des mutations des gènes BRCA confirment l’efficacité de la mammectomie prophylactique (efficacité estimée à 90 % par les experts).
La décision de subir une mammectomie ou ovariectomie prophylactique est un choix individuel qui nécessite une réflexion approfondie. La décision ne doit être prise qu’après mûre réflexion et sans précipitation après avoir reçu des informations précises sur l’intervention, ses risques, ses limites, les bénéfices attendus. Il est souhaitable d’en aborder tous les aspects avec différentes personnes: ses proches, son médecin traitant, un cancérologue, un chirurgien, un spécialiste de chirurgie plastique ainsi qu’un psychologue.

Dernière modification le 08/06/10