L'OMS recommande un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie, à associer ensuite à la diversification alimentaire jusqu'à deux ans ou davantage si la maman et le bébé le souhaitent.
La France possède une culture de non allaitement (mouvement féministe des années 70, pudeur, promotion des laits maternels, manque de formation des étudiants en médecine et médecins sur ce sujet...) et seulement 60% des femmes choisissent d'allaiter au sortir de la maternité et ce pour une durée courte (10 semaines environ), mais toutes n'ont pas la possibilité de continuer à "tirer" leur lait une fois le travail repris...
Aujourd'hui il ne faut pas hésiter à recourir aux avis des "référents allaitement" des maternités ou des associations, qui connaissent les problèmatiques liés à l'allaitement, et apportent un précieux soutien... Le choix de l'allaitement devrait peut-être être abordé pendant la grossesse?
Il existe des arguments scientifiques irréfutables sur les bénéfices de l'allaitement: il protège le nouveau-né des infections gastro-intestinales et dans une moindre mesure, des infections ORL et respiratoires. L'effet protecteur de l'allaitement maternel dépend de sa durée et de son exclusivité.
L'effet préventif vis-à-vis de l'allergie peut constituer un argument convaincant si l'enfant est à risque du fait d'un parent au premier degré allergique. L'allaitement exclusif, idéalement jusqu'à 6 mois mais au moins jusqu'à 4, avec une diversification alimentaire retardée au-delà de 6 mois assure un rôle protecteur pendant la première année de vis contre la dermatite atopique et les épisodes de sifflement respiratoire.
L'allaitement est aussi associé à une réduction d'environ 20-25% du risque de surpoids et d'obésité pendant l'enfance et l'adolescence...
Le bénéfice n'a pas été démontré, mais rien empêche de masser ses seins avec de l'huile d'amande douce pendant la grossesse!
La bonne position du nouveau-né (face à la mère) et la prise correcte du sein par l'enfant (bouche grande ouverte et langue vers le bas) permettent une succion efficace et une transfert de lait optimal tout en prévenant les tétées douloureuses et les lésions du mamelon. C'est un facteur déterminant de la réussite de la mise en oeuvre et de la poursuite de l'allaitement.
Seul l'allaitement à la demande permet au nourrisson de réguler ses besoins nutritionnels. La plupart des nourrissons allaités ont besoin de téter fréquemment, y compris la nuit (souvent davantage que les 6 à tétées préconisées habituellement), d'autant que la tétée a d'autres fonctions que nutritionnelle (réconfort, plaisir, tendresse).
Il n'y a aucun avantage démontré à réduire le nombre et la durée des tétées, ni à fixer un intervalle minimum entre 2 tétées. En effet, la restriction des tétées est associée à un arrêt plus précoce de l'allaitement, à une fréquence plus élevée des douleurs des mamelons et des engorgements et au recours plus fréquent à des compléments de substituts de lait.
Il existe des écarts interindividuels dans la fréquence, la durée et la régularité des tétées. Cela rend nécessaire la proximité de l'enfant avec sa mère 24 heures sur 24. Aucune donnée ne permet de conseiller à la mère de proposer un sein ou les deux à chaque tétée. Il est cependant important de n'offrir l'autre sein au nourrisson que lorsque celui-ci arrête de téter de lui-même, afin de prévenir un éventuel engorgement.
Une sensibilité douloureuse est souvent inévitable au début de l'allaitement. Les douleurs et lésions des mamelons (rougeur, irritation, crevasse) sont avant tout causées par une mauvaise prise du sein entraînant une friction anormale entre le mamelon et la langue, les gencives, les lèvres ou le palais du nourrisson.
Leur prévention repose sur un positionnement correct du nourrisson lors des tétées. L'observation des premières tétées et la correction de la position du nourrisson et de la mère par les professionnels de santé sont recommandées.
Une hygiène quotidienne (douche) est suffisante. Le nettoyage des mamelons avant et/ou après une tétée semble augmenter l’incidence des douleurs des mamelons et complique inutilement l’allaitement. La persistance de la douleur malgré une prise correcte du sein doit faire évoquer une pathologie, en particulier une mycose. Un examen soigneux des mamelons est recommandé avant de recourir à un traitement.
En cas de lésions du mamelon, l’utilisation de topiques, de protège-mamelon et de coupelles d’allaitement a été insuffisamment évaluée pour être recommandée.
La congestion mammaire se traduisant par une augmentation de volume et une tension des seins ainsi qu'une sensation de chaleur survenant dans les premiers jours suivant la naissance ne doit pas être confondue avec un engorgement.
L'engorgement physiologique se traduit par un œdème résultant d'une stase capillaire et lymphatique et par une augmentation du volume de lait produit.
Il témoigne de l'installation du stade II de la lactogenèse.
Il se résout rapidement avec des tétées efficaces.
L'engorgement devient pathologique s'il s'accompagne de fièvre, de frissons, de douleur et d’une gêne à l’écoulement du lait. Il peut évoluer vers une mastite si des mesures rapides ne sont pas prises.
La prévention de l'engorgement repose sur des tétées précoces, sans restriction de leur fréquence et de leur durée.
La mastite est une inflammation du sein qui peut éventuellement évoluer vers une infection.
Les signes cliniques sont habituellement unilatéraux, allant de la simple inflammation localisée d’un segment du sein avec rougeur, douleur et augmentation de la chaleur locale à un aspect beaucoup plus sévère de cellulite avec peau d’orange. Le quadrant supéro-externe du sein est le plus souvent atteint. Ces signes locaux peuvent précéder ou s’associer à des signes généraux (fièvre ou symptômes pseudo-grippaux).
L'engorgement, les crevasses, les lésions du mamelon sont des facteurs de risque de mastite.
Le traitement repose sur :
Le traitement antibiotique est indiqué :
Si possible, le lait sera mis en culture pour affirmer le diagnostic et réaliser un antibiogramme. L'antibiotique prescrit sera compatible avec l'allaitement maternel.
Le traitement symptomatique repose sur l'application de chaud ou de froid sur le sein, qui peut être utilisée si elle procure un soulagement à la mère, et sur le repos.
L’incapacité anatomique ou physiologique à produire suffisamment de lait est très rare. Le plus souvent, l’insuffisance de lait est la conséquence d'une conduite inappropriée de l’allaitement (tétées inefficaces et peu nombreuses) à l’origine d’une diminution du transfert de lait au nourrisson et de la sécrétion lactée.
Dans ce cas, il est proposé d’évaluer la pratique de l’allaitement, de corriger les éventuels problèmes identifiés, d'évaluer une éventuelle stagnation staturo-pondérale du nourrisson et d’apporter des conseils et un soutien visant à restaurer la confiance de la mère dans ses compétences et ses capacités.
Les mères doivent être prévenues de l'éventuelle survenue d'une insuffisance de lait, en particulier lors de la reprise du travail, et de la manière d'y faire face : augmenter transitoirement la fréquence et la durée des tétées et rechercher le soutien des professionnels de santé ou de bénévoles expérimentés.
Sources
Allaitement maternel, Recommandations
Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé.